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Le Front National, avant même la prise en main du parti par l'héritière Le Pen, a modifié sa communication pour se créer une nouvelle image. Contrairement à ce que l'on peut croire, il ne s'agit pas d'un changement de politique.
Une politique économique poujadiste et libérale : alors que le FN combattait l’Etat, ses impôts et son interventionnisme, en 2011 il se veut anticapitaliste. Désormais ce sont les dividendes du CAC40 qui subissent les foudres de sa rhétorique.
En fait, la lutte contre l’Etat providence et la glorification du chef d’entreprise restent dans les textes du Front National. Héritier fidèle du poujadisme, il conserve soigneusement ses fondations libérales. Mais le discours s’inspire désormais de la crise financière pour condamner les élites mondialistes et la spéculation : on retrouve là en sous-jacent les vieilles thèses (associées à l'antisémitisme) contre les « forces de l’argent » !
L’antisémitisme toujours présent : Dans les appels à la haine du Front National, l'arabe a remplacé le juif. Mme Le Pen a même concédé un recul léger sur la Shoah en reconnaissant l’existence de « camps » durant la seconde guerre mondiale. Mais en évitant soigneusement de les qualifier, elle laisse encore le flou entre camps de travail et camps d’extermination. Comme on le voit, l’antisémitisme du FN n’est plus au cœur de ses discours, mais il n’est pas loin.
L’appel à la haine de l’autre ne se limite jamais à une unique « catégorie » d’humain ; à partir du moment où l’on fragmente l’humanité en catégories, en races, en religions, la haine de l’autre se propage. Ainsi, à l’arabe et au juif, le Front National ajoute le « fou » et prône l’enfermement psychiatrique.
La laïcité au service de l’intégrisme catholique : L’extrême-droite a toujours été très liée aux milieux catholiques intégristes. Cependant, Mme Le Pen brandit désormais la laïcité comme une référence absolue. Chacun aura compris qu’elle s’en est saisie comme d’une arme contre une unique religion, l’islam.
De même, les attaques contre la polygamie ne sont nullement une défense des femmes qui vivent des situations difficiles mais la défense de la « famille catholique traditionnelle ». L’autre versant de ce discours est ainsi la condamnation du divorce, de l’avortement ou de l’homosexualité, que l'on retrouve dans les programmes frontistes.
Comme on le voit, le Front National a su moderniser son discours sans rien changer de ses fondamentaux. Le « lissage » de son image et la banalisation de ses thèmes par l’UMP ne devrait surtout pas conduire à une faiblesse à son endroit.
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