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L’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis a mis en lumière les conséquences sanitaires et environnementales d’une exploitation non régulée de ces gaz dits « non conventionnels » : pollution des nappes phréatiques, fragilisation sismique, consommation importante d’eau douce…
De plus, en l’absence de réglementation contraignante, le coût de ces dégâts a été assumé par la collectivité au lieu d’affecter le prix de production. Cette « socialisation des pertes, privatisation des profits » a contribué ces derniers mois à faire baisser le prix du gaz (désormais découplé du prix du pétrole) et a créé l’illusion d’une nouvelle abondance énergétique. Cette illusion fragilise désormais le développement des énergies renouvelables et les efforts menés pour passer dans l’après-pétrole.
Pour toutes ces raisons, l’exploitation du gaz de schiste en Europe n’est pas acceptable en l’état.
Pour une suspension des permis
Cependant, le Mouvement Démocrate héraultais ne saurait être favorable à une annulation définitive de projets industriels sans analyse indépendante.
Les craintes, même légitimes, ne doivent pas être l’unique déterminant de l’action politique. La peur de l’étranger conduit à la xénophobie, la peur du désastre environnemental peut conduire à un repli économique, à un refus de l’innovation. Aussi trouvons-nous choquante la déclaration de José Bové à propos de la commission d’enquête : « Ça n’a aucun intérêt ! On connaît les effets néfastes de ce projet. » (Midi-Libre, 04 février)
Devant les risques posés par l’exploitation du gaz de schiste, nous appelons donc à une suspension des permis de recherche, dans l’attente d’une expertise indépendante et d’un cadre juridique offrant les garanties nécessaires tant sur le plan sanitaire et environnemental que sur le plan de l’information des élus et populations concernés.
L’enjeu démocratique derrière le risque environnemental
La saisine des conseils généraux de l’industrie et de l’environnement par Nathalie Kosciusko-Morizet pour évaluer les conséquences de cette possible exploitation est un premier pas insuffisant. L’expertise ne doit pas être réservée aux seuls grands corps de l’Etat mais s’ouvrir à la société civile. Les enjeux financiers en présence imposent au débat la plus grande transparence. Elus locaux et associations doivent être placés au cœur de la prise de décision.
Si la mobilisation citoyenne aboutit à une simple annulation des projets sans analyse, nous aurons perdu l’occasion de faire progresser notre démocratie.
L’enjeu politique derrière le risque environnemental est d’imposer un partage du pouvoir entre représentants politiques et associations, une transparence des données et des enjeux financiers, et une approche raisonnée des projets industriels. Le sujet doit enfin être traité à l’échelon européen, pour évaluer l’ensemble des enjeux et des risques pour l’Union et favoriser un débat collectif, public et participatif.
Seul ce renouveau démocratique permettra d’éviter durablement les désastres environnementaux, sans pour autant empêcher l’innovation humaine.
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