 « On va développer les énergies renouvelables. Je me suis engagé au nom de la France à 23 % d'énergie renouvelable dans notre énergie en 2020. C'est un objectif juridique, contraignant, contrôlé par la Cour de justice européenne et donc il faut s'y mettre. Cet objectif que j'ai pris au nom de la France, c'est considérable. Cela veut dire que nous devrons produire chaque année l'énergie de quatre EPR sous la forme d'éoliennes, d'un EPR sous la forme d'énergie solaire, de six EPR sous la forme de bois et de biomasse : la production de onze EPR fournie par des énergies renouvelables d'ici à 2020. C'est une révolution énergétique pour notre pays. »
Cette magnifique citation, extraite d'un discours du 6 fevrier 2009, est désormais à ranger au rang des nombreuses promesses non tenues de Nicolas Sarkozy. En France l'heure n'est plus au développement des renouvelable, il est à l'enterrement d'une filière qui se développe partout ailleurs.
Il ne s'agit pas d'un enterrement de première classe, mais d'une mise à la fosse commune.
Concrètement, un arrêté paru le 4 mars, vise désormais l'objectif de l'installation de 500 MW de solaire photovoltaïque par an, soit la production énergétique d'1/20e d'EPR.
Le texte en question prévoit un encadrement extrêmement strict du photovoltaïque :
- tous les projets de plus de 100 kW (ce qui correspond en gros à une surface de 1000 m² de toiture) feront l'objet d'appels d'offres ;
- les projets de taille inférieure bénéficieront de tarifs à géométrie variable, revus tous les trimestres. La complexité des tarifs et le flou qui entoure leur application tient du prodige.
Le fait que 72% des Français trouvent intéressante l’idée de produire de l’électricité verte à domicile pour la revendre à EDF ne touche pas l'exécutif.
Mieux encore, grâce à cette fine décision, vingt cinq mille personnes vont rejoindre dans les prochaines semaines le pôle emploi.
Nous ferons tous les frais de ce manque de vision, qui nous amène à préférer payer des dictatures pour leur acheter leur pétrole ou leur gaz, plutôt que de produire localement notre énergie.
|