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A Kaboul, l’attentat – heureusement manqué – contre le ministre de la Défense Gérard Longuet a failli réaliser LE scenario catastrophe, que nous avions déjà décrit dans notre note du 1er mars.
En effet, en l’absence de solution stratégique claire, le sentiment d’un enlisement a gagné peu à peu tous les pays qui participent au conflit. Ainsi, seuls 28% des français soutiennent la guerre, contre 55% en 2001.
Désormais, le scenario d’une crise politique frappant un pays important de la coalition est la principale menace qui pèse sur la région.
Si le ministre français de la Défense avait été tué sur le sol afghan...
Si le ministre français de la Défense avait été tué sur le sol afghan, nul doute qu’un scandale politique aurait éclaté. A un an de l’élection présidentielle, le président en difficulté dans les sondages aurait pu être conduit à retirer brutalement nos soldats. Et, étant donné l’importance de la contribution française (4ème contingent sur place), cela aurait pu précipiter le retrait de la force internationale, avec des conséquences déstabilisatrices sur toute la région et en particulier au Pakistan voisin.
Qu’il débute par la France ou par un autre pays engagé en Afghanistan, cet effet domino est le scénario le plus sérieusement inquiétant.
Comment en est-on arrivé là ?
En 2001, les Etats-Unis interviennent en Afghanistan sous l’égide de l’OTAN. En quelques semaines, ils atteignent leurs objectifs principaux : mettre fin au régime des talibans et détruire les camps d’entraînement d’Al Qaïda. L’ONU donne alors mandat à la poursuite de la présence militaire dans le pays. Une force internationale (principalement américaine) doit renforcer le gouvernement afghan, contrer l’insurrection talibane et activer le développement économique et l’instauration d’un Etat démocratique.
Après 9 années d’opérations de guerre, il est désormais manifeste que ces objectifs sont irréalisables. La situation de l’Afghanistan reste terrible : corruption sur fond de trafic de drogue, fraudes aux élections, désertions élevées dans les rangs de l’armée, affrontements militaires réguliers, multiplication des champs de mines et nombreux morts civils…
La situation dans le pays n’est plus un problème militaire mais un problème stratégique, c’est-à-dire politique.
Signe de cette impasse, à la fin novembre 2010, le président Obama a présenté un projet de désengagement progressif dès 2011. Mais ce processus est peu crédible et répond en grande partie à des impératifs de politique intérieure. La sortie de crise durable n’est pas encore là.
Les propositions du MoDem hérault
Avec 4.000 soldats sur place, notre pays est particulièrement concerné par ce conflit.
Par conséquent, les militants démocrates de l’Hérault estiment que la France doit jouer son rôle en Europe et convaincre ses partenaires de porter une impulsion diplomatique commune.
L’Europe doit en particulier :
- amorcer un processus diplomatique regroupant tous les acteurs majeurs de la région (OTAN, Pakistan, Inde, Chine, Arabie Saoudite…)
- proposer que l’Afghanistan devienne un « pays non aligné ». Pour se stabiliser et se reconstruire, l’Afghanistan doit cesser d’être le pion de multiples jeux d’influence !
En France, les militants démocrates de l’Hérault estiment :
- qu’un débat doit impérativement être ouvert au Parlement, seul rempart à la fois contre un retrait irresponsable décidé dans l’émotion d’un évènement, et contre un enlisement militaire sans fin
- que la nation doit réaffirmer son soutien aux soldats français. Le silence autour de ce conflit est non seulement un risque politique mais également un manque de reconnaissance pour celles et ceux qui accomplissent leur devoir dans cette zone de guerre.
(Voir également : Afghanistan : à quand le débat ? )
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